COCHONS MARTYRS
Les cochons du Québec sont élevés dans des conditions barbares et inacceptables,
et l’univers concentrationnaire dans lequel ils sont forcés de vivre entraîne
inévitablement chez ces derniers des troubles du comportement: mouvements
stéréotypés, manifestations d'agressivité, crises de panique... Lorsqu’il s’agit de
poser un diagnostic de trouble psychiatrique chez l’homme, la communication
verbale joue un rôle important pour identifier les symptômes dont souffre le
sujet. Chez l’animal, la même démarche diagnostique ne peut se baser que sur
l’observation de son comportement –avec, pour des non-spécialistes ou des non
avertis, les risques d’erreurs inhérents à l’interprétation.
L'élevage du cochon, qu’il soit intensif ou « bio » impose des contraintes très
néfastes au bien-être de l’animal. Dans les conditions actuelles d'élevage intensif
et dans la très grande majorité des cas, les femelles n'ont pas la possibilité de
confectionner un nid avant de mettre bas.
Environ une semaine avant qu’elles ne
donnent naissance à leurs petits, elles sont placées dans des cases individuelles,
munies d’un système de blocage qui limite tous leurs mouvements.
Elles ne
peuvent ni se lever, ni se retourner et sont contraintes à déféquer, uriner,
allongées sur leur flanc, à même un plancher en lattes de bois ou de métal, sans
air frais, ni le moindre brin de paille et à nourrir leurs petits à travers des
barreaux. Les femelles sont inséminées
artificiellement et à répétition pour produire un maximum de porcelets et les
allaitements sont écourtés pour de nouvelles inséminations. Au moment de
mettre bas, on injecte aux femelles de l’ocytocine pour accélérer les contractions.

Au bout de trois ans environ, épuisées, elles sont envoyées à l’abattoir. L'éleveur
décide de la séparation soudaine entre la mère et ses petits. (2) « Le sevrage
représente pour le porcelet, une situation de stress majeur, puisqu'en plus du
changement de «logement» et d'alimentation qu'il implique, il correspond à la
privation de la mère et à un changement de groupe social. » Pour la mère, la
séparation d’avec ses petits entraîne une phase de désespoir, puis de résignation,
et finalement, un facteur de risque de dépression. A souligner que, contrairement
au Québec, une nouvelle directive européenne, applicable cette année (2003),
révise les normes minimales relatives à la protection des cochons, notamment
l'âge minimal à partir duquel les porcelets peuvent être sevrés.
Au cours de ces
40 dernières années, la réduction de la durée de lactation de 10-12 semaines à 3-4
semaines et parfois moins, a été essentiellement motivée par l'accroissement de la
productivité numérique des truies.
Quelques jours
après leur naissance, les porcelets sont mutilés: rognage de leurs dents, coupe de
leur queue, castration, etc. Ces interventions sont pratiquées sans aucune
anesthésie et la plupart du temps par l’éleveur lui-même. Les cochons à
l'engraissement vivent dans des stalles alignées sur des dizaines de mètres, dans
des bâtiments fermés, lugubres, sans air frais, sans lumière du jour, sur un sol
dur ou sur caillebotis, et sans paille. Leur pitance
consiste en une moulée de céréales, de soja génétiquement modifié, de vitamines,
d’antibiotiques et, dans la moitié des élevages, de farines carnées. Pour ces
millions d'animaux, le simple fait de vivre, depuis la naissance jusqu'à leur mort,
est un supplice quotidien constant.
Quiconque garderait un chien dans ces
conditions serait bien mal vu, mais, parce que l'intérêt que nous avons dans
l'exploitation des cochons est supérieur à celui que nous avons dans l'exploitation
des chiens, nous nous opposons à la cruauté envers les chiens tout en
mangeant le produit de la cruauté envers les cochons.
Ces animaux sont
traités comme de la marchandise dont le seul critère est l'exploitation
économique. Faut-il s’étonner, quand on sait qu’au Québec, au regard de la
Loi, l’animal n’est rien d’autre qu’un objet ?
Il y a encore tellement d'autres situations déplorables dans lesquelles les animaux
sont des victimes, comme ce fût le cas lors du verglas de l’hiver 1998 –absence de
génératrices, ainsi que l’été dernier lors de la période de canicule qui a emporté
des milliers d’animaux alors que dans ce cas un peu d’eau, d’aération, ou d’air
extérieur, aurait suffi à leur sauver la vie. Plusieurs cas de décès multiples
d’animaux surviennent aussi suite à l’agitation de lisier dans des espaces contigus
aux bâtiments d’élevage. (5)
Hormis ces situations, au Québec, bon an mal an, ce sont près de 150 bâtiments
de ferme qui sont détruits par le feu. Plusieurs de ces bâtiments abritent des
cochons, des vaches, des poules qui
périssent dans les flammes, prisonniers entre les barreaux ou les grilles de leurs
cages.
Diverses causes sont à l’origine de ces incendies mais il existe des moyens d’en
réduire les conséquences et qui consisteraient à équiper
ces bâtiments de portes de secours, de détecteurs d’incendie, de gicleurs. Ces
mesures devraient être obligatoires.